Introduction
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"On s'étonne parfois maintenant de l'orgueilleuse fraternité des Gaullistes.Ceux qui s'en étonnent ont raté l'aventure; ils en sont confusément jaloux.C'est parce que nous avons intensément voulu, tous ensemble, accomplir l'impossible et que nous l'avons accompli,que nous nous clignons de l'œil quand nous nous retrouvons."(L'épopée du Fezzan de P. Moynet)

Juin 1940, la France est envahie par l’Allemagne nazie et le maréchal Pétain demande l’Armistice. Malgré tout, un officier français refuse la défaite et la honte. Dès le 18 juin 1940, le général Charles de Gaulle appelle les Français à le rejoindre en Angleterre afin de poursuivre le combat au sein des Forces Françaises Libres.

Le 15 septembre 1940, sur ordre du général de Gaulle, le capitaine Georges Bergé forme la 1re Compagnie d’Infanterie de l’Air (1re CIA). Peu à peu, cette unité rassemble une centaine de jeunes volontaires très motivés et qui ont abandonné leur famille et leur pays dans le but de rendre à la France son Honneur et sa Liberté. Ces hommes reçoivent alors une formation de commandos puis ils sont brevetés parachutistes. Rapidement, certains d’entre eux effectuent les premières missions parachutées en France occupée. Le 21 juillet 1941, la 1re CIA embarque à Greenock sur le « S/S Cameronia ». L’unité comprend alors trois officiers et 49 parachutistes. Ces hommes ont reçu l’ordre de rejoindre le Levant afin de participer aux opérations auxquelles la France se doit d’être présente. Les parachutistes de la France Libre voient ainsi l’occasion de mettre pleinement leurs connaissances en pratique et de passer à l’action. A la suite d’un long périple par l’Atlantique-Nord, le Cap et une escale à Durban, ils arrivent à Beyrouth le 23 septembre et l’unité prend le nom de 1re Compagnie de Chasseurs Parachutistes (1re CCP).

En janvier 1942, les hommes sont transférés sur la base de Kabrit en Egypte, sur les bords du canal de Suez. Là, ils sont intégrés au Special Air Service, une unité britannique récemment mise sur pied par le major David Stirling. La compagnie est peu à peu renforcée par de nombreux autres volontaires FFL venus du Moyen-Orient et, pour les Britanniques , elle prend alors le nom de Free French Squadron.

En juin 1942, les parachutistes SAS de la France Libre réalisent leurs premières opérations contre l’ennemi en Libye et en Crête puis opèrent jusqu’en janvier 1943 en Tunisie avant de rentrer en Angleterre.

Dans le même temps, une poignée de volontaires, moins d’un millier d’hommes, rejoint la Grande-Bretagne. Ces Français sont originaires des quatre coins du monde et de toutes les origines sociales. Ce sont des évadés de France par l’Espagne, des volontaires d’Afrique-du-Nord, des marins, des Malgaches, des volontaires d’Océanie et bien d’autres qui ont vécu des aventures difficiles pour rejoindre les Forces Françaises Libres afin de reprendre au plus tôt le combat.

L’arrivée de ces hommes permet alors de former deux bataillons : le 3rd SAS (3e BIA) dirigé par le capitaine Yves Conan et le 4th SAS (4e BIA) du commandant Pierre Bourgoin. Les hommes suivent un entrainement particulièrement rigoureux. A la suite de l’obtention de leur brevet de parachutiste à Ringway, ils enchainent alors différents stages de commandos. En mai 1944, après bien des difficultés, les parachutistes SAS de la France Libre sont opérationnels et prêts à participer aux opérations du débarquement allié.

Ainsi, dans la nuit du 5 juin 1944, une trentaine d’hommes du 4th SAS sont parachutés en Bretagne afin de préparer deux bases à partir desquels les SAS doivent ensuite harceler l’ennemi. Il s’agit des missions Dingson et Samwest. Deux jours plus tard, dix-huit équipes de sabotage nommées Cooney-Parties sont disséminées en Bretagne pour couper les moyens de communication. Ils sont ensuite rejoints par leurs camarades et au cours des mois de juin et juillet, ils assurent l’armement et l’instruction de plusieurs milliers de maquisards.

Pendant ce temps, le 3rd SAS opère dans le Limousin, en Poitou-Charentes, en Vendée, en Saône-et-Loire, dans le Rhône et le Doubs où il harcèle les convois ennemis en retraite. Malgré des pertes importantes et de lourds sacrifices, la mission sera remplie et les SAS français seront pour beaucoup dans la réussite des opérations de libération de la France.

Durant l’hiver 1944, dans le cadre de l’opération Franklin, ils sont ensuite engagés dans les Ardennes pour stopper la contre-attaque allemande. Enfin, en avril 1945, ils participent à la libération de la Hollande au cours de l’opération Amherst.

Au jour de leur démobilisation le 6 octobre 1945, vingt-deux des premiers parachutistes de la 1re CIA auront trouvé la mort au cours des opérations à travers les déserts du Moyen-Orient et d’Afrique-du-Nord, les collines et les bois de Bretagne, la neige des Ardennes et les digues et les canaux de Hollande. Ainsi, ils ne verront pas la France libérée et ce pour quoi ils ont donné leur vie.

Aujourd'hui, l'histoire de ces hommes hors du commun, les Français Libres, reste toujours méconnue. Alors qu'ils mériteraient leur place dans les manuels d'histoire, nous sommes étonnés de voir que la France ne souhaite toujours pas mettre en avant des hommes qui ont tant fait pour elle. Combien d'années devront nous encore attendre avant que les collégiens, les lycéens, les étudiants prennent exemple et découvrent ce que de jeunes Français ont été capables de réaliser ?

Aujourd’hui, les derniers vétérans de la 1re CIA ont disparu. Ils méritent toute notre reconnaissance et ce site leur est dédié.